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Son nom est écrit sur leur front

Son nom est écrit sur leur front

La puissance du Très Saint Nom de Jésus dans le combat des derniers temps

Jésus, Toi la source de toute bonté, Toi la force d'espérance de toute joie, Tu es l'origine de toute beauté, la passion la plus profonde du cœur.

Jésus, en qui les pénitents espèrent ; comme Tu es bon pour celui qui tend vers Toi, comme Tu es bon pour tous ceux qui Te cherchent ; que vivra donc celui qui Te trouve ?

Jésus, Toi le vrai soleil de vie pour quiconque aspire à Toi, qui Te cherche même dans les larmes et attend avec angoisse la réponse du ciel.

Jésus, Toi notre Seigneur et Sauveur, Ta lumière nous donne le jour nouveau, le monde est recueilli à nouveau en Toi, les ténèbres ont succombé à la lumière.

Jésus, Toi le rejeton de la Vierge-Mère, Toi la belle splendeur de notre amour, à Toi soient l'action de grâce, la louange et l'honneur, un jour pleinement dans le royaume des bienheureux. Amen.

Extrait de l'hymne des Laudes de la fête du Nom de Jésus

Cette brochure du Mouvement Marial des Prêtres et des Laïcs présente la puissance du Très Saint Nom de Jésus : les témoignages de nombreux saints, l'invocation et l'adoration de ce Nom dans la vie quotidienne, sa force de guérison et de délivrance, ainsi que sa signification dans le combat des derniers temps que décrit l'Apocalypse de saint Jean.

Annonciation de l'archange Gabriel à Marie

Annonciation de l'archange Gabriel à Marie

Préface

Tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut. Lc 1,31-32

Le nom de Jésus est le nom par lequel Dieu Lui-même, la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, a voulu être appelé dans Sa nature humaine. Ce nom nous a été apporté du ciel, car il a retenti pour la première fois sur la terre dans la bouche de l'archange Gabriel. Ce nom exprime le sens et le but de l'Incarnation, à savoir la Rédemption, car Jésus signifie en hébreu Sauveur. Ce nom a ensuite été inscrit sur le bois de la croix du Golgotha et orne depuis lors toutes les croix et toutes les représentations de la croix.

Il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a exalté : il l'a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. Ph 2,8-11

La rédemption signifie la participation à la nature divine par la grâce rédemptrice du Christ. C'est le bonheur en Dieu, déjà ici-bas dans la vie de la grâce, et un jour dans la vision béatifique de Dieu. Dans le livre du prophète Habacuc se trouve cette belle affirmation, dans la version latine de la Vulgate : Exultabo in Deo Iesu meo, (Ha 3,18), c'est-à-dire Je me réjouis en Dieu, mon Jésus (= Sauveur). Notre bonheur éternel consistera à nous réjouir en Jésus, notre Dieu et Sauveur, c'est-à-dire à nous réjouir par Lui dans le Dieu trinitaire.

Nous recevrons au ciel un nom nouveau (cf. Ap 2,17), et sur le front des sauvés sera écrit le nom de Dieu (cf. Ap 3,12), à savoir le nom de Jésus et le nom du Père. (Cf. Ap 14,1) Déjà dans l'Ancienne Alliance, Dieu nous a fait cette promesse : Tous ceux qui se réclament de Mon nom, ceux que J'ai créés, façonnés pour Ma gloire, ceux que J'ai faits ! (Is 43,7) Ce nom, dans lequel Dieu a façonné les élus, c'est-à-dire ceux qui seront finalement sauvés, est le nom de notre Rédempteur. Saint Paul enseigne que l'homme nouveau est renouvelé à l'image de celui qui l'a créé. (Cf. Col 3,10)

La mission de l'Église consiste à porter la rédemption du Christ, et donc Son nom, jusqu'aux extrémités de la terre, comme le Seigneur l'a dit à Paul, nouvellement converti : Cet homme est l'instrument que J'ai choisi pour faire parvenir Mon nom auprès des nations, des rois et des fils d'Israël. (Ac 9,15) C'est en effet la volonté de Dieu que tous croient au nom de Son Fils. (Cf. 1 Jn 3,23) Car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes, qui puisse nous sauver, (Ac 4,12) et quiconque invoque le nom du Seigneur Jésus Christ sera sauvé. (Cf. Ac 2,21)

La tâche des chrétiens est de glorifier Dieu dans le nom de « chrétien ». (Cf. 1 P 4,16) De l'époque la plus ancienne de l'Église, Clément d'Alexandrie (début du IIIe siècle) nous a transmis cette belle affirmation sur la dignité des chrétiens :

Tous les vrais croyants sont nobles et semblables à Dieu, et dignes du nom de chrétien, qu'ils portent comme une couronne royale. Quis div. salv. 36,1

La tâche du chrétien est aussi de confesser le nom de Jésus devant les hommes (cf. Mt 10,32) et d'aspirer à ce que toute langue proclame que Jésus est Seigneur. (Ph 2,11) À cause de cette confession, l'Église et les vrais chrétiens sont haïs du monde, comme le Seigneur lui-même nous l'a dit : Vous serez détestés de tous à cause de Mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. (Mc 13,13) Pourtant, ce doit être une joie pour le vrai chrétien que de subir l'opprobre pour le nom de Jésus. (Ac 5,41)

Que tout vrai chrétien se laisse guider, dans tout ce qu'il fait, par cette parole du psaume : Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à Ton nom, donne la gloire. (Ps 115,1 ; AELF Ps 113B,1) Si nous pensons et agissons ainsi avec le secours de Dieu, Dieu nous accordera la grâce d'avoir, au moment de quitter cette vie terrestre, l'ineffable bonheur de prononcer de notre cœur et de notre bouche le plus saint, le plus puissant et le plus doux de tous les noms, le nom de Jésus, ou de nous écrier avec saint Philippe Néri : Mon Jésus ! Jésus, sois-moi Jésus !

25 janvier 2021, en la fête de la conversion de l'apôtre Paul
+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

La Sainte Famille : Marie, Joseph et l'Enfant Jésus

La Sainte Famille : Marie, Joseph et l'Enfant Jésus

Témoins de la puissance du Très Saint Nom de Jésus

Depuis les origines de l'Église, la puissance et la sagesse insondables cachées dans le Très Saint Nom de Jésus ont été reconnues comme admirables et uniques. C'est assurément la Mère de Dieu, Marie, et saint Joseph qui ont pénétré le plus profondément dans le mystère de ce nom divin. Car Dieu leur a confié Son Fils unique, afin de transmettre à toute l'humanité des flots de grâces venant du cœur du Rédempteur. C'est pourquoi nous pouvons demander avec une confiance d'enfant le don de l'amour du Très Saint Nom de Jésus de leurs mains. Car Marie et Joseph sont nos guides les plus sûrs sur le chemin de la prière du cœur incessante.

Saint Ignace aimait beaucoup prononcer le nom de Jésus. On raconte à son sujet ceci : lorsque les apôtres se disputaient pour savoir lequel d'entre eux serait le plus grand dans le Royaume des Cieux, Jésus vint avec eux à Capharnaüm, appela un petit garçon de quatre ans qui se tenait sous la porte de la maison auprès de sa mère, le prit par la main et dit aux apôtres : Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. (Mt 18,3 s.)

Ce garçon, Ignace, revint dans les années suivantes très souvent à l'endroit où le Sauveur l'avait appelé, y baisa le sol et dit à ses compagnons : Voyez, c'est ici que Jésus m'a pris dans Ses bras.

Ignace grandit, devint plus tard prêtre, puis évêque de la grande ville d'Antioche, où saint Pierre avait exercé son ministère pendant sept ans. Antioche devint bientôt chrétienne. Lorsque l'empereur romain Trajan, au cours de sa campagne militaire, arriva à Antioche et trouva les temples païens vides, il demanda au gouverneur qui était responsable de ce que les temples étaient vides. Le gouverneur répondit : L'évêque des chrétiens, Ignace, en est responsable. L'empereur fit alors venir le vieil évêque devant lui et lui demanda : Es-tu cet esprit mauvais qui sème un si grand trouble dans cette ville ? Ignace répondit : Celui qui porte Dieu dans son cœur n'est pas un esprit mauvais ! L'empereur dit : Tu veux sans doute parler de Jésus de Nazareth ? L'évêque confirma et instruisit l'empereur sur la folie du culte idolâtre païen. Irrité par cela, celui-ci s'adressa aux soldats : Ad leonem, c'est-à-dire : aux lions ! Les chrétiens de Rome voulurent le libérer et empêcher sa mort. Mais Ignace leur écrivit une lettre et les pria de ne pas lui arracher la couronne du martyre. Arrivé à Rome, il fut livré dans l'amphithéâtre, devant une immense foule, à deux lions affamés.

Saint Ignace d'Antioche

Saint Ignace d'Antioche

Auparavant, saint Ignace fit une prière à haute voix et dit : Le nom de Jésus ne peut s'éloigner de ma bouche ; et même s'il s'en éloignait, Il ne pourrait être effacé de mon cœur. Tous les spectateurs païens s'étonnèrent de la constance et de la mort joyeuse de ce vieillard. Les lions le déchirèrent et ne laissèrent que quelques ossements et le cœur. Sur le cœur, le nom de Jésus pouvait être lu, formé par des veines bleues. Les compagnons de voyage de saint Ignace recueillirent de nuit, dans l'amphithéâtre, ses reliques et les emportèrent à Antioche, où elles furent conservées sur l'autel et tenues en grand honneur. Cela eut lieu en l'an 107. Le bon Dieu a donc distingué ce saint parce qu'il avait tenu le nom de Jésus en grand honneur.1

Saint Grégoire de Tours (538–594) reçut de son ange gardien le conseil d'écrire le nom de Jésus sur une petite carte et de la placer sous l'oreiller de son père malade, lequel recouvra rapidement la santé.

Saint Léonard de Port-Maurice (1676–1751) recommandait d'accrocher une carte portant le nom de Jésus aux portes, ce qui préserva beaucoup de personnes des maladies et des malheurs de toute sorte.

1 Source : Spirago 796, op. cit.

Le roi saint Edmond d'Angleterre (840–870), qui devint plus tard archevêque de Canterbury, reçut de Jésus Lui-même un enseignement sur la puissance de Son Très Saint Nom. Un jour où Edmond était seul en chemin, il vit apparaître un enfant d'une grande beauté, qui lui demanda : Edmond, ne Me connais-tu pas ? Edmond répondit que non. L'enfant lui dit alors : Regarde-Moi, et tu reconnaîtras qui Je suis. Edmond fixa l'enfant et vit alors sur son front les lettres lumineuses INRI Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum (Jésus de Nazareth, roi des Juifs). L'enfant dit alors : Maintenant tu sais qui Je suis. Tu vois en effet Mon nom. Grave-Le dans ton cœur. Écris-Le chaque soir sur ton front en faisant un signe de croix et en prononçant ces mots : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Cela te préservera d'une mort subite.

Je T'exalterai, mon Dieu, mon Roi, je bénirai Ton nom toujours et à jamais ! Ps 145,1 (AELF Ps 144,1)
Saint Bernard de Clairvaux en prière

Saint Bernard de Clairvaux en prière

Saint Bernard de Clairvaux (1090–1153) écrit à ses moines : Ce que j'ai toujours sur les lèvres, ce que j'ai toujours dans le cœur, ce que j'écris sans cesse, ce qui constitue le fond de ma philosophie, c'est Jésus, et Jésus comme crucifié.

Dans son commentaire du Cantique des cantiques, il décrit la ressemblance de l'huile avec le nom de Jésus, qui repose sur trois propriétés : l'huile entretient le feu, nourrit le corps et apaise la douleur. Elle est donc lumière, nourriture et remède. Observe maintenant les mêmes effets dans le nom de l'Époux : Si on Le prêche, Il éclaire ; si on Le contemple, Il nourrit ; si on L'invoque, Il oint et apaise. Le Seigneur dit : Invoque-Moi au jour de détresse : Je te délivrerai. (Ps 49,15) […] Ô mon âme, tu as dans le nom de Jésus, comme dans un petit flacon, ton élixir. Il est assurément salutaire et ne manquera jamais son effet dans toutes tes maladies. Ô porte toujours ce remède sur ta poitrine, aie-le toujours à portée de main, afin que toute ta pensée et ton action visent Jésus.

Ton nom est comme une huile qui s'épanche. Ct 1,2 (AELF Ct 1,3)
Saint François d'Assise

Saint François d'Assise

Sur le grand amour de saint François (1181–1226) pour le Très Saint Nom de Jésus, Thomas de Celano écrit comme en prière : Plus qu'on ne peut le comprendre humainement, il était intérieurement ému lorsqu'il prononçait Ton nom, Seigneur saint. Alors il était plein de jubilation et d'une joie très pure, et il apparaissait vraiment comme un homme nouveau et venu d'un autre monde. […]

Celano décrit aussi comment saint François contemplait sans cesse l'Incarnation et la Passion de Jésus : C'était surtout l'humilité de l'Incarnation de Jésus et l'amour manifesté par Sa Passion qui occupaient ses pensées au point qu'il ne voulait presque plus penser à autre chose. […] Lorsqu'il nommait l'Enfant de Bethléem ou Jésus, il se passait pour ainsi dire la langue sur les lèvres, goûtant et savourant avec son palais bienheureux la douceur de ce nom.

Saint Bernardin de Sienne

Saint Bernardin de Sienne

Deux cents ans plus tard, un fils spirituel de saint François, saint Bernardin de Sienne (1380–1440), devint le porte-étendard du nom de Jésus. Il ne tint jamais une mission populaire sans une prédication ardente sur le nom de Jésus, dont il reconnaissait la vénération comme le grand remède contre l'apostasie. Dans sa biographie, il est écrit : Lorsqu'il vit enfin que le nom glorieux, qui est au-dessus de tout nom, (Ph 2,9) était presque tombé dans l'oubli dans le cœur des hommes, il fut saisi du désir, en véritable imitateur de l'Apôtre, de porter ce nom devant tous les rois, les tribus et les peuples. (Cf. Ac 9,15)

Il se procura une petite planche de bois sur laquelle ce nom était peint ou dessiné en lettres d'or. Il la présentait aux foules qui se rassemblaient chaque jour pour sa prédication. Il leur annonçait alors d'une voix élevée : Voici votre insigne, voici l'arme du peuple de Dieu ! Voici le nom, bien-aimés fidèles, et il n'en est pas d'autre par lequel vous puissiez être sauvés. (Cf. Ac 4,12) Voici en outre le nom salutaire et plein d'amour, dont vous devez porter l'image indélébile sur votre poitrine, la contempler chaque jour, la placer sur les places publiques, et que chacun de vous doit peindre bien en vue et dans sa beauté digne au-dessus de la porte de sa maison.

C'est le nom que, selon la doctrine de l'Apôtre, vous devez avoir devant les yeux dans tous les jours de bonheur et invoquer dans les jours de malheur. Ce saint nom est en effet écrit, premièrement, dans le livre de la vie, comme l'atteste le prophète ; ensuite sur l'inscription de la croix de notre Rédemption, comme nous le voyons dans l'Évangile (cf. Jn 19,19) ; il est en outre écrit sur le front de chaque saint dans la patrie éternelle.2 (Cf. Ap 22,4)

Pour le triomphe et la glorification du nom victorieux de Jésus, pour le salut des âmes et pour la réparation des offenses faites au Très Saint Nom de Jésus, saint Bernardin recommandait aux hommes trois formes concrètes de vénération :

  1. La prière du cœur incessante, par l'invocation du Très Saint Nom de Jésus
  2. Le monogramme du nom de Jésus comme signe extérieur visible
  3. La diffusion zélée de la dévotion au Très Saint Nom de Jésus
Chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut. Ps 96,2 (AELF Ps 95,2)

2 La vie de saint Bernardin de Sienne, traduite par Lothar Schläpfer OFMCap, éd. par W. Nigg et W. Schamoni, Düsseldorf 1967.

Vivre au soleil du Très Saint Nom de Jésus

La clé de la vie spirituelle est la prière de Jésus. Saint Géronda Porphyre
Considérons notre âme comme un château fait tout entier d'un seul diamant ou d'un très clair cristal, où il y a beaucoup de chambres, de même qu'il y a beaucoup de demeures au ciel. (Cf. Jn 14,2) Je ne vois rien qu'on puisse comparer à la grande beauté d'une âme et à sa vaste capacité. Autant que je puis le comprendre, la porte d'entrée de ce château est l'oraison et la considération. Sainte Thérèse d'Avila

La clé du Fils de David

Le nom de Jésus est la plus courte prière du cœur et la clé pour entrer dans le château mystérieux de notre âme, qui a été créée par Jésus et pour Jésus. (Cf. Col 1,12)

Ainsi parle le Saint, le Vrai, celui qui détient la clé de David, celui qui ouvre – et nul ne fermera –, celui qui ferme – et nul ne peut ouvrir. […] Sans avoir beaucoup de puissance, tu as gardé Ma parole et tu n'as pas renié Mon nom. […] Du vainqueur, Je ferai une colonne au sanctuaire de Mon Dieu ; il n'aura plus jamais à en sortir, et Je graverai sur lui le nom de Mon Dieu et le nom de la ville de Mon Dieu, la Jérusalem nouvelle […] ainsi que Mon nom nouveau. Ap 3,7-12

Jésus, qui nous a ouvert le ciel comme Sauveur, possède aussi la clé de notre âme. Par Jésus seul, nous pouvons vraiment reconnaître comment Dieu nous a pensés et quelle vocation Il a placée dans notre cœur pour le temps et l'éternité. Le nom de Jésus est en quelque sorte le mot de passe de notre âme, mais aussi la clé pour bien reconnaître et comprendre notre prochain. En ce sens, un moine de l'Église d'Orient nous explique : Nous devrions nous approcher de tous les hommes et de toutes les femmes dans la rue, au magasin, au bureau, à l'usine, dans le bus, dans les files d'attente, et surtout de ceux qui nous sont antipathiques, avec le nom de Jésus dans le cœur et sur les lèvres. Sur tous ceux-là, nous devrions prononcer Son nom, car leur vrai nom est le nom de Jésus. En eux, vénère le Christ, en eux, sers le Christ. En beaucoup de ces hommes et de ces femmes, Jésus est enfermé. Délivre-Le en Le reconnaissant et en Le vénérant en eux. Lorsque nous parcourons le monde avec ce regard nouveau, en prononçant Jésus sur chaque homme, ils seront transformés et transfigurés devant nous. Plus nous nous donnons aux hommes en les servant, plus ce regard nouveau deviendra clair et vivant en nous.3

Et si nous faisons l'expérience douloureuse d'être blessés ou offensés par nos semblables, la parole du pèlerin russe nous vient en aide : Lorsque quelqu'un m'offense, je ne pense qu'à la bienfaisante prière de Jésus ; aussitôt, colère ou peine disparaissent et j'oublie tout.4

3 Im Namen Jesu ist Heil, par un moine de l'Église d'Orient, traduit par le Dr Oswald Loretz, Innsbruck 1959, p. 58–59, Imprimatur de l'Administration apostolique d'Innsbruck n° 2557/2 du 31.12.1958.

4 La prière de Jésus nous aide à reconnaître le Christ dans tous les hommes et à voir tous les hommes dans le Christ. C'est pourquoi la prière de Jésus n'a rien à voir avec la fuite du monde ou le refus du monde. Au contraire, c'est une forme de l'affirmation la plus extrême de la vie. La prière de Jésus ne contient aucun rejet de la création de Dieu ; elle montre plutôt une très haute estime pour tous les hommes et toutes les choses en Dieu. Le nom de Jésus peut devenir une clé mystique pour ce monde, un instrument de l'offrande cachée de toutes les choses et de tous les hommes ; car il imprime au monde le sceau divin. (Kallistos Ware, Hinführung zum Herzensgebet, Fribourg-en-Brisgau 1982, p. 72–73, Imprimatur : Fribourg-en-Brisgau 13.09.1982)

L'adoration du nom de Jésus (El Greco)

L'adoration du nom de Jésus (El Greco)

L'invocation du Très Saint Nom de Jésus

L'évêque Johann Michael Sailer écrit sur l'invocation du Très Saint Nom de Jésus : Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Rm 10,13) C'est la promesse de toutes les promesses, car elle n'exclut aucun de ceux qui invoquent le nom du Seigneur et promet à chacun le bien suprême. […] Cette promesse ne nous fait pas attendre un don modeste, mais le bien suprême : quiconque invoque le nom du Seigneur sera bienheureux. La béatitude, bien suprême de l'homme, vient du Seigneur qui est riche pour tous.

Si le Seigneur, qui est riche pour tous, doit donner, alors les nécessiteux doivent bien accepter ce qui leur est offert. Celui qui ne reconnaît pas ses péchés, sa misère, sa pauvreté, ou qui ne veut pas rendre honneur au nom du Seigneur ni se laisser enrichir par Lui, celui-là n'invoque pas le Seigneur comme son Seigneur ; il méprise le don de Ses mains, reste pauvre et misérable, reste pécheur et garde la malédiction du péché, reste sans amour et sans béatitude. En revanche, celui qui reconnaît son péché et sa pauvreté en amour et en béatitude, qui reconnaît dans le Christ son Seigneur, qui est riche pour tous, celui-là Lui dit aussi : Toi qui es riche pour tous, sois-le aussi pour moi ! Apprends-moi à aimer comme Tu as aimé. Sois aussi mon salut et rends-moi bienheureux dans l'amour ! Il parle ainsi et reçoit un don après l'autre, il peut aimer son Seigneur et, aimant, être bienheureux en Lui.

Lorsque nous prononçons le nom de Jésus avec révérence et amour, nous nous unissons à notre Sauveur et Rédempteur, qui, par l'invocation de Son Très Saint Nom, devient aussitôt présent et touche notre âme et la comble de Sa grâce.5 Car lorsque nous invoquons Son nom, nous faisons descendre en même temps sur nous Ses mérites rédempteurs, qui redeviennent efficaces par cet acte par lequel nous nous tournons vers notre Seigneur et Dieu.

Lorsque nous en prenons vraiment conscience, cette vérité bienheureuse inonde de lumière tout notre cœur, et le chemin royal de l'invocation du Très Saint Nom de Jésus devient le battement de notre vie.

5 La puissance et la gloire de Dieu sont présentes et agissantes dans Son nom. Le nom de Dieu est la divinité présente : « Emmanuel – Dieu avec nous ». Au moment où l'on invoque avec attention et réflexion le nom de Dieu, on se place soi-même en Sa présence, on s'ouvre à Sa force et l'on se livre soi-même comme instrument et offrande entre Ses mains. Un tel contact nous procure une plus grande mesure de vie surnaturelle et d'amour du prochain. C'est pourquoi l'invocation du Très Saint Nom de Jésus porte un caractère sacramentel tout particulier. (Ibid., p. 134)

La Dernière Cène

La Dernière Cène

Notre âme est un cénacle où la Dernière Cène peut être célébrée à tout moment. En secret, Il nous dit comme autrefois : J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous. (Lc 22,15)

Dans l'Eucharistie visible, Jésus est offert sous les espèces du pain et du vin. Dans l'Eucharistie intérieure de notre âme, Il peut être désigné et nommé uniquement par Son Très Saint Nom. C'est pourquoi nous pouvons faire de l'invocation du Très Saint Nom une communion spirituelle.6

Dire Ton nom, faire mémoire de Toi, c'est le désir de l'âme. Is 26,8

6 Ibid., p. 67.

La lumière du nom de Jésus rayonne à travers le cœur et illumine ainsi tout l'univers. Père Serge Boulgakov

La répétition du nom de Jésus est comparable au battement d'ailes de l'oiseau qui s'élève dans les airs. Elle ne doit jamais être pénible et forcée, hâtive ou bruyante. Elle doit être délicate, légère et – au sens le plus profond du mot – d'une grâce charmante. Lorsque l'oiseau a atteint la hauteur voulue, il glisse dans son vol, et seulement de temps à autre il bat des ailes pour se maintenir dans les airs. Ainsi, l'âme qui a accueilli la pensée de Jésus et qui est remplie du « penser à Lui » peut interrompre la répétition du nom et se reposer en notre Seigneur. Lorsque d'autres pensées menacent de chasser la pensée de Jésus, alors recommence l'invocation, pour reprendre un nouvel élan.7

Aimez la prière, l'entretien avec le Seigneur. Tout dépend d'aimer, d'être amoureux du Seigneur, du Christ, l'Époux. Saint Géronda Porphyre

7 Im Namen Jesu ist Heil, p. 26.

Celui qui croit en Moi ! Comme dit l'Écriture : De son cœur couleront des fleuves d'eau vive. Jn 7,37 (AELF Jn 7,38)
La prière de Jésus est comme un courant spirituel invisible qui verse sans cesse dans notre âme la force de Dieu – Sa grâce sainte – depuis la source toujours jaillissante, Jésus-Christ ; elle ne s'épuise jamais, et plus notre capacité spirituelle s'élargit, plus ses flots de grâce se multiplient. Schimonaque Hilarion
Du levant au couchant du soleil, loué soit le nom du Seigneur ! Ps 113,3 (AELF Ps 112,3)

Paix et réconciliation dans le Très Saint Nom de Jésus

Comment parvenons-nous par le nom de Jésus à la paix et à la réconciliation ? Laissons encore une fois la parole à notre moine de l'Église d'Orient :

Le nom lui-même est un moyen de purification et de perfectionnement. Une pierre de touche et un filtre, à travers lesquels nos pensées, nos paroles et nos actes doivent passer pour être libérés de leurs impuretés. […] Lorsque nous sommes tentés, le nom de Jésus nous apporte victoire et paix. Un cœur déjà rempli du nom de Jésus et de la présence de notre Seigneur ne s'attarde à aucune pensée ni image pécheresse. Mais nous sommes faibles, et souvent notre défense s'effondre ; alors la tentation est en nous comme une eau déchaînée. Dans un tel cas, ne regarde pas la tentation, ne te débats pas avec ton propre désir, ne regarde pas la tempête et ne te regarde pas toi-même. Regarde notre Seigneur, attache-toi à Lui, invoque Son Très Saint Nom. Lorsque Pierre marcha sur les eaux vers Jésus et vit la tempête, il eut peur (Mt 14,30) et commença à couler. Si nous, au lieu de regarder les vagues et le vent, nous allons résolument vers Jésus sur les eaux, Il tendra la main vers nous et nous saisira. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Jl 3,5)

Le nom de Jésus apporte le pardon et la réconciliation. Si nous avons gravement péché (et plus encore si nous avons péché légèrement), nous pouvons en un instant nous tourner, dans le repentir et l'amour, vers le Très Saint Nom, et le prononcer de tout notre cœur ; le nom ainsi employé (par lequel nous atteignons la personne du Christ) sera déjà un signe de pardon. Après le péché, ne voulons pas attendre inactifs, remettre à plus tard ou tergiverser. N'hésitons pas à reprendre l'invocation du nom, bien que nous soyons indignes.8

Par l'invocation du Très Saint Nom de Jésus commence dans notre âme un processus de purification tout particulier, qui fait apparaître tout ce qui est impur et non saint, afin que notre cœur puisse être guéri. Saint Jean Chrysostome écrit : Le souvenir de Dieu ouvre à l'âme ce qui est en elle. D'abord elle prend conscience du mal dans son cœur, puis aussi du bien. Le souvenir de Dieu met d'abord en mouvement toute la puissance du diable, puis il la dompte peu à peu. Ainsi la prière peut révéler le péché qui habite en nous, puis aussi l'effacer.

8 Im Namen Jesu ist Heil, p. 34, 42–44.

Le Christ et le fils prodigue

Le Christ et le fils prodigue

Le nom de Jésus-Christ pénètre jusqu'aux profondeurs du cœur, enchaîne l'adversaire qui y règne, libère et vivifie l'âme. Sur ce chemin de purification, le sacrement de la réconciliation est d'une importance capitale pour notre croissance spirituelle.9

Lorsque, le soir, dans l'examen de conscience, nous nous agenouillons comme le fils prodigue aux pieds du Père céleste et disons : Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils (Lc 15,19) et que nous nous présentons volontairement au jugement de Dieu pour rendre à Dieu l'honneur qui Lui est dû, alors notre ange se tiendra à nos côtés. Il nous montre la plénitude de la miséricorde de Dieu, la plénitude des dons et des grâces qui nous ont été accordés, et nous nous demandons :

Comment avons-nous fait fructifier le talent qui nous a été confié – qu'il s'agisse du don d'éduquer, de conduire, de conseiller, d'aider, de guérir ou d'aimer ? Notre vie n'est-elle pas faite uniquement de « négligences », de « vouloir faire » et de « ne pas avoir fait » ? Alors coulent sans doute les larmes de repentir de nos yeux, et nous prions :

9 Reçois toujours le sacrement de pénitence avec zèle, confiance, respect et douleur intérieure de tes péchés. Ce moyen de grâce cause au diable une grande frayeur, et il se donne beaucoup de peine pour empêcher les âmes de le recevoir, ou pour les amener à le recevoir de façon négligente, habituelle, sans repentir et sans les autres conditions requises. (Marie d'Agreda, Leben der Jungfrau und Gottesmutter Maria, vol. 4, p. 212, Jestetten 1982, Imprimatur : Ordinariat archiépiscopal de Salzbourg, 31 mai 1954, n° 1311)

Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. Lc 5,8

Mais Dieu rend toujours pleine la mesure de Ses actes et de Son amour pour nous. Il Se penche vers nous et prend notre mesure. Là reposent sur nos petits tessons les gouttes de sang de notre Seigneur, les gouttes de sueur de l'angoisse de mort de notre Seigneur, par lesquelles Il a couvert toute notre faute et notre impuissance. Et là repose le Cœur Immaculé de notre Mère, dont nous sommes les enfants. Et ce Cœur maternel est si grand et si vaste qu'il remplit la mesure jusqu'au bord ; et par-dessus, notre ange pose encore son Sanctus, qu'il prie sans cesse avec nous et pour nous, jusqu'à ce que la mesure soit comblée à ras bord.

Et Dieu accomplit l'incompréhensible. Il l'accepte comme si elle venait de nous, et nous serre avec amour dans Ses bras, comme le fils prodigue.

(D'après une sainte des premiers siècles chrétiens)

Si votre âme répète avec respect et avec désir ces sept mots : « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi », elle n'en sera jamais rassasiée ! Dites-les toute votre vie ! Ils renferment tant de sève ! Saint Géronda Porphyre

Faites tout au nom du Seigneur Jésus

Dans son école de la prière du cœur, Théophane le Reclus nous conseille : Travaille et prononce en même temps la prière de Jésus, afin que Dieu te bénisse.10 L'essentiel est de marcher devant Dieu, ou de vivre sous le regard de Dieu, dans la conscience que Dieu nous voit, qu'Il cherche notre âme et notre cœur. Cette conscience est le levier le plus puissant de tout le mécanisme de la vie spirituelle. Car la prière de Jésus est une lampe pour nos pas et une étoile qui guide sur notre chemin vers le ciel.11

Faire tout au nom du Seigneur signifie être entièrement tourné vers Sa glorification, s'efforcer de tout faire à Sa convenance, parce que c'est Sa volonté. Cela veut dire : envelopper toute action dans la prière, la commencer par la prière et la terminer par la prière. Lorsque nous commençons, nous demandons la bénédiction de Dieu ; au cours du travail, nous invoquons Son aide, et à la fin nous Lui rendons grâce d'avoir daigné accomplir Son œuvre en nous et par nous.12

Pense en moi, ô Jésus, alors je pense avec lumière et clarté. Parle par moi, ô Jésus, alors je parle avec douceur et vérité. Agis par moi, ô Jésus, alors mon action est juste, sanctifié mon travail, sanctifié aussi mon repos. Pénètre tout mon être, remplis tout mon être, afin qu'on puisse lire en moi Ton grand amour.

10 Le nom de Jésus peut être employé seul ou associé à une phrase plus ou moins courte. Chez les chrétiens d'Orient, la forme la plus répandue est : « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi ! » Plus simple encore : « Jésus Christ » ou « Seigneur Jésus ». La forme d'invocation la plus brève est le seul nom « Jésus ».

11 La prière est action ; qui prie est au plus haut point actif. De nulle prière cela n'est plus vrai que de la prière de Jésus. L'invocation correctement pratiquée conduit chacun plus profondément à son travail ; chacun devient plus efficace dans son action et n'est pas isolé des autres, mais uni à eux. Il devient plus sensible à leurs angoisses et à leurs soucis, comme jamais auparavant. La prière de Jésus fait de chacun un « homme pour les autres ». (Hinführung zum Herzensgebet, p. 72)

12 Schule des Herzensgebetes, Die Weisheit des Starez Theophan, Salzburg 1985.

Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. Col 3,17

Le temps de la vie est temps de grâce

Le salut que Dieu veut nous accorder déjà dans cette vie est toujours lié au moment opportun, qui ne revient jamais. Car ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable, Je t'ai exaucé, au jour du salut, Je t'ai secouru. (Is 49,8)

Nos années sont comme des coupes de cristal que Dieu nous prête. Nous devons les remplir nous-mêmes, puis les rendre remplies entre les mains de Dieu, qui les garde pour nous dans l'éternité.

  • Offrons à Dieu, au début du jour, le premier instant, et donnons à notre tâche quotidienne sa direction vers Celui qui est le Seigneur de tout temps et le Père de l'éternité : Tout à la gloire de mon Dieu !
  • Heureux tous ceux qui se mettent chaque jour, par le signe de croix et la pratique de la prière du cœur, sous la protection et l'abri de l'amour de Dieu.
  • Heureux les parents qui prennent le temps de donner à leurs enfants l'exemple de la prière, afin de leur apprendre le dialogue avec Dieu. Ils trouveront de la joie en eux.
  • Heureux les jeunes gens qui, par le contact avec Jésus, Le gardent dans leur cœur et, sous la main maternelle de Marie, traversent la vie en rayonnant pour Lui. Leur prière est : Rends-moi plus semblable à Toi ! Que Ta lumière repose sur moi et fais de moi un rayonnement de bien pour mon entourage.

Je voudrais encore recommander une chose à mes chers enfants : qu'ils veuillent garder toujours leur cœur ouvert au Sauveur, et ne jamais se laisser éloigner de Lui par la crainte. Nous péchons tous, car nous sommes des hommes ; mais si nous ne nous tournons pas avec confiance vers le Christ, vers qui irons-nous, et à qui nous confierons-nous ?

Extrait des dernières exhortations de Friedrich Leopold Stolberg (1750–1819) à ses enfants

Demander et rendre grâce au nom de Jésus

Dans l'Évangile de Jean, Jésus nous promet à plusieurs reprises qu'Il exaucera nos prières si nous nous appuyons sur Son nom. Tout ce que vous demanderez en Mon nom, Je le ferai. (Jn 14,13)

Combien de fois avons-nous déjà prié et, selon notre jugement humain, n'avons-nous apparemment pas été exaucés ? Mais si nous sommes honnêtes, nous devons nous demander : avons-nous vraiment prié au nom de Jésus ? C'est-à-dire : avons-nous placé notre volonté, avec Jésus, dans la volonté du Père ? Les disciples, en tout cas, ont dû entendre la parole de Jésus : Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en Mon nom. (Jn 16,23 ; AELF Jn 16,24) Nous connaissons aussi un peu les demandes des apôtres, qui songeaient aux royaumes terrestres et voulaient éviter la souffrance. Si notre prière tend seulement à ce que la volonté de Dieu et Ses promesses s'accomplissent pleinement en nous, alors la plus petite prière et la plus faible demande trouvent leur exaucement. Voici l'assurance que nous avons auprès de Dieu : si nous faisons une demande selon sa volonté, il nous écoute. (1 Jn 5,14) Dieu désire profondément nous combler de Ses dons. Et quel don pourrait être plus grand que Sa volonté divine et très sainte ? Ne nous lassons donc jamais de louer Dieu, de Le prier pour Son aide et Sa grâce, et de Le remercier de tout notre cœur. Car chaque action de grâce est comme une nouvelle prière, par laquelle nous recevons encore d'autres grâces. Dans ce sens, l'apôtre Paul nous recommande : En toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. (Ph 4,6)

Abba, cher Père, exauce-moi pour le nom de Jésus, Ton Fils bien-aimé !
Au moment où l'esprit humain se met en mouvement pour prier, la grâce divine le visite. Saint Géronda Porphyre
Le Christ guérit un aveugle

Le Christ guérit un aveugle

Guérison et délivrance au nom de Jésus

Pour nous affermir dans la foi et nous protéger du mal, le P. Gabriele Amorth, exorciste de renommée mondiale, a consigné par écrit beaucoup de ses expériences : Il existe aujourd'hui un grand nombre de prêtres et même d'évêques, rapporte le P. Amorth, qui ne croient plus au diable ni à l'exorcisme. Lorsqu'on leur dit que Jésus a guéri de nombreux possédés, ils répondent que le mot « possédé » serait une expression issue de la langue et de la culture de cette époque, qui désignait comme démoniaques ceux qui étaient en réalité simplement malades, alors que l'Évangile distingue très clairement les deux états : Jésus guérit les malades et délivre de démons ceux qui sont tourmentés.

En conséquence, le Seigneur ressuscité confère deux pouvoirs différents : Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en Mon nom, ils expulseront les démons […] ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. (Mc 16,17)

Non seulement les exorcistes mandatés par l'évêque peuvent délivrer des âmes tourmentées par l'influence démoniaque, mais aussi tous ceux qui croient de tout leur cœur au nom de Jésus, comme le dit le Seigneur dans l'Évangile. Nous savons de nombreux saints que leur union au Christ mettait le mal en fuite. Pensons seulement à saint Benoît ou à sainte Catherine de Sienne ; car c'est toujours Jésus Lui-même qui chasse Satan. Le P. Amorth répétait mille fois : Avec crainte et tremblement, j'invoque en suppliant Ton saint nom, afin que Tu m'accordes une foi ferme et la force d'attaquer avec assurance ce démon, fidèle à Ton commandement, et de le chasser par la puissance de Ton bras. C'est pourquoi je Te prie en Ton nom, Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu …

Le saint curé d'Ars (saint Jean-Marie Vianney)

Le saint curé d'Ars (saint Jean-Marie Vianney)

P. Amorth explique ensuite : La puissance de l'ennemi est restée la même, car le diable a toujours le même pouvoir. Ce qui a en revanche énormément augmenté, c'est le nombre des portes qui se sont ouvertes à son intrusion : la magie, l'occultisme, le spiritisme, mais aussi une vie dans le péché grave. Ou pensez à toutes ces personnes qui se consacrent à Satan.

Il distingue à cet égard deux catégories de victimes des démons : d'une part celles qui, sans faute personnelle, portent à cause de leur amour de Dieu des troubles malveillants, jusqu'à la possession expiatoire, comme le saint curé d'Ars ou sainte Mariam d'Abellin (Mariam Baouardy) ; mais aussi des personnes qui deviennent des victimes innocentes par des malédictions ; d'autre part celles qui, à cause de leurs propres fautes, se livrent au pouvoir des démons, que ce soit en persévérant dans le péché grave, comme, par exemple, Judas, ou par des pratiques occultes. C'est pourquoi, enseigne le P. Amorth, les moyens les plus importants dans le combat contre le diable sont : la sainte confession, la Sainte Messe, la sainte communion, l'adoration eucharistique, les psaumes et la prière du rosaire. Ce n'est que lorsque ces moyens sont épuisés qu'il a eu recours, en tant qu'exorciste, aux prières officielles visant à chasser Satan au nom du Christ. J'ai pratiqué, à peu près, plus de soixante-dix mille exorcismes, et j'ai toujours été saisi d'une grande compassion, car j'ai rencontré des cas de souffrance incommensurable. Bien que l'exorcisme soit un service sacerdotal très exigeant, c'est aussi une tâche gratifiante, car le prêtre voit comment, au nom de Jésus, des hommes sont délivrés, des hommes que nul médecin n'avait pu guérir. Ici nous pouvons penser à la parole de l'Écriture : Une force sortait de lui et les guérissait tous. (Lc 6,19)13

Si vous avez un grand amour, et si cet amour vous pousse à la prière, alors les flots de votre amour se répandront sur celui pour lequel vous priez ; ils agiront en lui et formeront autour de lui un bouclier protecteur. Vous l'influencez ainsi et le conduisez vers le bien. Lorsque Dieu voit votre peine, Il vous accorde Sa grâce en surabondance, tout comme à celui pour lequel vous priez. Saint Géronda Porphyre

Prière de guérison et de protection

Seigneur Jésus-Christ, nous Te remercions pour Ton amour envers nous. Abrite-nous tous dans Tes plaies et donne-nous Ton salut. Seigneur, nous Te prions, marque-nous de Ton sceau et de celui de Marie, afin que nous soyons préservés de toutes les attaques du Mal et de tout malheur. Des malédictions, des imprécations, de la possession, de la mélancolie, des dépressions et de l'angoisse – délivre-nous, ô Seigneur !

Tu nous dis toujours à nouveau : N'aie pas peur, Je suis avec toi. C'est pourquoi nous n'avons pas à avoir peur.

Nous Te prions, ô Seigneur, accorde-nous, par l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, la libération de toute malédiction et imprécation, et réjouis-nous en tout temps par Ta paix. Seigneur Jésus-Christ, Tu es plein d'amour pour nous, les hommes, et Tu as tout pouvoir au ciel et sur la terre. Touche-nous de Ton amour qui guérit. Guéris tout ce qui, dans notre cœur, dans notre âme, est blessé et meurtri. Guéris tous les souvenirs de notre vie qui nous font mal. Guéris toutes les blessures que d'autres hommes nous ont infligées. Guéris tout ce qui est blessé et meurtri. Pose Tes mains transpercées et guérissantes sur toutes les blessures de notre âme et de notre corps, jusqu'à ce qu'elles soient entièrement guéries. Seigneur Jésus-Christ, Tu connais aussi toutes les maladies du corps. Touche-les de Ta force qui guérit, de Ta chaleur qui guérit, et guéris tous nos organes qui sont malades. Tu es bien le Sauveur du monde entier !

Père du ciel, au nom de Jésus, Ton Fils, nous Te prions, donne-nous abondamment Ton amour paternel, et fais-nous sentir cet amour maintenant aussi dans notre cœur. Amen.14

13 Cf. Triumph des Herzens, 26e année (I) 2019, n° 152.

14 Cette prière formulée librement par l'abbé Klaus Müller (1946–2001) a été mise par écrit après coup. Sa vie fut celle d'un saint prêtre. De nombreux miracles se sont produits grâce à sa prière et à son intercession. Il avait de nombreux charismes, qu'il communiquait abondamment à ceux qui venaient chercher de l'aide. Depuis 1994, pour la protection contre tout mal et pour un avenir abrité en Dieu, il marquait du sceau de Dieu sur le front tous ceux qui le lui demandaient.

Crucifixion du Christ avec Marie et Jean

Crucifixion du Christ avec Marie et Jean

Le trésor caché

Si nous pouvions nous attribuer tous les actes héroïques des élus, toutes les souffrances des martyrs, les vertus et les mérites de tous les saints qui ont vécu et qui vivront jusqu'à la fin des temps, oui, si nous pouvions même nous approprier les vertus et les mérites de la Très Sainte Vierge, tout cela ne serait pourtant qu'un grain de sable en comparaison d'une seule offrande de Jésus !

Heureuse, mille fois heureuse, l'âme qui a trouvé Jésus et qui sait se servir de Lui ! Avec Jésus, elle a tout. Il lui suffit.

Cela ne veut certes pas dire que la vénération des saints soit inutile ; car si le Christ couronne leurs mérites, Il couronne seulement Ses propres dons. Et si nous offrons ces mêmes mérites à Dieu, nous n'offrons à Dieu que les mérites de Son propre Fils.

Réjouissons-nous donc d'offrir à Dieu le Père ce qui est « de Jésus dans les saints » ; car c'est ce qui Lui est si agréable en eux et ce qui constituera leur glorification éternelle. La Très Sainte Vierge Marie occupe une place particulière dans la hiérarchie des saints, parce qu'elle était plus que tous les autres inséparablement unie à Jésus. Lorsque nous disons : Marie !, elle dit : Jésus ! Lorsque nous allons vers Marie, elle nous conduit à Jésus. Marie regardait sans cesse Jésus, s'unissait à Jésus, s'offrait à Jésus. Jésus était pour elle tout, le contenu entier de sa vie. Marie nous apprendra aussi à faire de Jésus notre « Tout », si nous le lui demandons.

Mais que signifie donc offrir Jésus, se servir de Lui ? Comment se fait-il que, dans beaucoup de livres de dévotion, cette pensée soit à peine effleurée ?

Offrir Jésus ! Cela signifie Le présenter à Son Père en réparation, avec ces mots : Voici, je ne suis que faiblesse et misère ; mais je T'offre la force, la sainteté, la pureté, les vertus de Jésus. Je suis froid, mais quand j'aurais tout l'amour des séraphins, que pourrais-je Te donner qui soit digne de Toi ? Père céleste, en compensation de ma froideur, je T'offre l'amour de Jésus. Je viens de tomber, j'ai failli : je T'offre la souffrance et le Sang de Jésus pour ma purification et en réparation. Tel et tel mauvais mouvement s'impose à moi contre ma volonté ; je T'offre pour cela les actes contraires de Jésus.

Ainsi, même nos faiblesses serviront à nous enrichir, car elles nous donnent l'occasion de faire cette offrande infinie, à laquelle nous n'aurions peut-être pas pensé si le mal ne nous avait pas touchés.

Offrir Jésus signifie aussi L'offrir comme sanctificateur du bien. Par cette offrande, ceux qui unissent non seulement leurs moindres actes aux actes et à la vie de Jésus, mais les fondent pour ainsi dire avec eux, reçoivent en retour leurs petites pièces transformées en pièces d'or.

Si, par exemple, un acte d'obéissance nous est demandé, nous utilisons nos actes d'obéissance comme une occasion d'offrir au Père éternel les différents actes d'obéissance de Jésus, et nous concentrons toute notre attention à les accomplir avec la plus grande perfection et fidélité possible, pour Lui rappeler ainsi Son bon plaisir divin. Si l'occasion d'une humiliation se présente, nous disons : Père céleste, je T'offre les humiliations de Jésus. Dans la souffrance, nous ne regardons pas à nous, mais nous offrons les souffrances de Jésus.

Comme nous deviendrions riches si nous savions nous unir ainsi à Jésus en toutes choses et L'offrir au Père céleste ! Faisons surtout l'offrande de Jésus lors de la sainte communion. Car Il ne se donne à nous que pour nous enrichir, et pour nous permettre de Le rendre à Son Père et de L'offrir, et par cette offrande d'obtenir deux biens infinis : pouvoir offrir à Dieu un don digne de Lui, et attirer ainsi sur nous un regard de Son amour et de Son bon plaisir divin.

Avant la sainte communion, nous offrons au Père éternel la souffrance de Jésus pour la purification de notre âme et en réparation de toutes nos infidélités. Et après la sainte communion, nous voulons offrir de nouveau Jésus comme un trésor qu'on craint de souiller et qu'on veut remettre intact à celui à qui il est destiné.

L'âme qui a ainsi trouvé Jésus a trouvé la paix, et plus elle se voit misérable, plus elle s'en réjouit ; car elle contribuera ainsi toujours davantage à la glorification éternelle de l'infinie miséricorde de Dieu.15

Le Cœur Immaculé de Marie

Le Cœur Immaculé de Marie

Père céleste, par le Cœur Immaculé de Marie, je T'offre Jésus, Ton Fils bien-aimé, et moi-même en Lui, avec Lui et par Lui, selon toutes Ses intentions et au nom de toutes les créatures. Amen. (Prière d'offrande)16
La vie a autant de valeur que les actes d'amour de Dieu dont elle est remplie. Lorsque l'âme remet ses actes à l'Immaculée, elle les rend ensuite à Dieu comme ses propres actes. C'est ainsi que nos actes d'amour envers Dieu reçoivent toute leur beauté. Saint Maximilien M. Kolbe

15 Imprimatur : Friburgi Helv. 28.12.1959, L. Weber, vic. gen.

16 Ibid.

Pape Jean-Paul II

Pape Jean-Paul II

Sur les traces de l'Apocalypse

Quelques semaines avant son élection, le Pape Jean-Paul II prononça ces paroles prophétiques :

Nous sommes face à la plus grande bataille que l'humanité ait jamais vue. Je ne pense pas que la communauté des chrétiens en ait pleinement saisi la portée. Nous sommes aujourd'hui face au combat final entre l'Église et l'anti-Église, entre l'Évangile et l'anti-Évangile.17

17 Il y aura une Église contrefaite. L'une sera l'Église du Christ, et le faux prophète érigera l'autre. La fausse Église sera mondaine, œcuménique et globale. Il s'agira d'une association lâche d'Églises et de religions. […] La fausse Église sera vidée de tout contenu divin ; elle sera le corps mystique de l'Antéchrist. (Mgr Fulton Sheen, archevêque, Der Kommunismus und das Gewissen der westlichen Welt, Berlin 1950)

La Femme revêtue du soleil

La Femme revêtue du soleil

L'Église du Rédempteur et le dragon

Dans cette vie passagère, nous nous trouvons dans un combat spirituel, suivi avec la plus grande attention, d'une part par Dieu et par d'innombrables anges et saints du ciel, et d'autre part par Satan et toute sa suite. Avec cette seule différence décisive : le ciel met tout en œuvre pour nous gagner à l'amour éternel, tandis que l'enfer veut nous précipiter dans la haine éternelle.18

18 Comme cet ennemi est un pur esprit non corporel, que nul effort ne lasse, il est si ardent dans la persécution qu'il la commence dès le premier instant de la vie d'un homme dans le sein maternel et ne renonce au combat qu'au moment où l'âme se sépare du corps. […] Il se sert pour cela de nos sens, de nos facultés de l'âme, de nos penchants et de nos passions. « Ma fille, il est impossible de décrire l'envie, la malice et la ruse de Lucifer et de ses démons contre les hommes. […] De même que le ciel se réjouit de chaque bonne œuvre, de même règne la joie chez les esprits mauvais en enfer lorsque les hommes pèchent. » (Leben der Jungfrau und Gottesmutter Maria, vol. 4, p. 192, p. 209–210)

Dans l'Apocalypse, saint Jean décrit le combat de Satan19 contre le peuple de Dieu comme un combat entre un dragon rouge feu (Ap 12,3), auquel vient se joindre une bête monstrueuse sortie de la mer (Ap 13,1) avec dix cornes et sept têtes, et une seconde bête (Ap 13,11), qui monte de la terre, qui a deux cornes comme un agneau mais parle comme un dragon. Elles combattent contre le peuple de Dieu, qui est décrit ainsi :

Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Ap 12,1

L'Église, le peuple de Dieu, est symbolisée par la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l'Église. Ici se poursuit le fil rouge qui part du commencement de la Bible :

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Gn 3,15

19 Lorsque les anges ont exprimé leur volonté, celle-ci a valu pour toujours. Par leur intelligence, ils ont vu toutes les conséquences et y ont consenti. La tradition estime que l'orgueil de Lucifer [Satan] et de ses partisans était si puissant qu'ils préférèrent l'ego – « Je suis moi », dit Lucifer –, et que, au milieu de cette épreuve, l'un des anges de rang le plus bas, saint Michel, qui appartenait à l'avant-dernier chœur, dit : « Qui ut Deus ? » – « Qui est comme Dieu ? » Et par ce mot humble, saint Michel précipita Lucifer et ses partisans du ciel dans l'abîme. (Christus vinCit, Mgr Athanasius Schneider en entretien avec Diane Montagna, Kißlegg, 2020, p. 416)

Ce combat entre Satan et Marie se livre sur la terre par procuration, à travers l'Église et les puissances hostiles à Dieu et à l'Église : le dragon rouge sous la forme du communisme marxiste, et les deux bêtes, la franc-maçonnerie et la franc-maçonnerie ecclésiastique, qui s'est infiltrée dans l'Église.20 Cette dernière est la bête aux deux cornes qui ressemble à un agneau et qui a pénétré jusqu'aux sommets de l'Église.21 Son but principal est la destruction de l'Église catholique romaine par un faux œcuménisme, dans le but de fonder une Église universelle, formée par la fusion de toutes les confessions chrétiennes.22

20 Saint Maximilien M. Kolbe fut l'un des adversaires les plus résolus de la franc-maçonnerie et du sionisme international, parce qu'il avait clairement reconnu leur tactique diabolique dans leur lutte contre l'Église catholique : L'ennemi principal, le plus grand et le plus puissant de l'Église, c'est la franc-maçonnerie. (Maria – Der Eckstein, Dr méd. Hans Salmen, Lauerz 1995, p. 51.)

21 Dès 1846, la Mère de Dieu pleura à La Salette sur la situation intra-ecclésiale et sur la grande apostasie de la foi, dont elle parla aux deux petits bergers : Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence, et le démon a obscurci leur intelligence. […] Le nombre des prêtres et des religieux qui se sépareront de la vraie religion sera grand ; parmi ces personnes il se trouvera même des évêques. […] L'Église aura une crise affreuse. La sainte foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par lui-même et être supérieur à ses semblables. (Ibid., p. 150–153)

22 Cet état déplorable fut également contemplé par la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774–1824) : Ils construisent une Église étrange, une véritable communauté d'impies ! La bergerie brûle par tous les bouts ! Et les bergers ! J'ai vu une foule immense occupée à démolir la basilique Saint-Pierre. Mais j'en ai vu aussi d'autres qui la reconstruisaient. […] Il y avait surtout beaucoup de membres de sectes et d'apostats. Comme selon certaines prescriptions et une certaine règle, des gens démolissaient, portant des tabliers blancs bordés d'un ruban bleu et garnis de poches, avec des truelles fichées dans la ceinture. […] À mon effroi, il y avait aussi des prêtres catholiques parmi ces francs-maçons. (Ibid., p. 28)

Le but principal est l'élimination du saint Sacrifice de la Messe, l'abolition du Très Saint Sacrement de l'autel, dans lequel Jésus-Christ est présent, caché et voilé, avec Sa divinité et Son humanité.23

L'Eucharistie est le paratonnerre divin qui détourne les foudres de la justice divine. Comme une mère tendre et aimante serre son enfant contre son sein, l'entoure de ses bras et le protège de son corps, pour le sauver de la colère d'un père exaspéré, ainsi Jésus multiplie Sa présence partout. Il couvre le monde et l'enveloppe de Sa présence pleine de grâce. Saint Pierre-Julien Eymard

23 Cf. Der letzte Kampf zwischen Licht und Finsternis, de Paul Josef Jakobius, Altötting 2010.

La marque de la Bête

À tous, petits et grands, elle fait mettre une marque sur la main droite ou sur le front, afin que personne ne puisse acheter ou vendre, s'il ne porte cette marque-là : le nom de la Bête ou le chiffre de son nom. […] Ce chiffre est six cent soixante-six (666). Si quelqu'un se prosterne devant la Bête et son image, s'il en reçoit la marque sur le front ou sur la main, lui aussi boira du vin de la fureur de Dieu. […] C'est ici qu'on reconnaît la persévérance des saints, ceux-là qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Ap 13,16-18 ; 14,9-12

Déjà il y a plus de deux mille ans, saint Jean l'Apôtre mettait en garde contre une surveillance totale de l'humanité par la bête et son faux prophète, dont le nom est le nombre biblique 666, celui que l'on connaît aussi comme l'Antéchrist. Quiconque cherche avec un cœur sincère, dans la lumière du Saint-Esprit, le sens de ce passage prophétique peut à coup sûr découvrir la vérité à la lumière des événements mondiaux. Car le plan visant à instaurer un nouvel ordre mondial (novus ordo saeculorum)24, marqué par des lois et des idéologies antichrétiennes, combiné à une surveillance croissante de l'humanité et à la restriction de ses droits fondamentaux, se manifeste de plus en plus clairement.

Si l'on se demande pourquoi le mal a pu prendre une ampleur si menaçante, il suffit de jeter un regard sur l'histoire du salut. Dès que l'homme se détache de Dieu et s'enlise dans le péché grave, il quitte la zone protectrice de Dieu garantie par les commandements et se livre aux machinations du mal, et donc à son malheur. Déjà dans l'Ancien Testament, Dieu se lamente douloureusement par la bouche du prophète :

Si seulement tu avais prêté attention à Mes commandements, ta paix serait comme un fleuve, ta justice, comme les flots de la mer. Is 48,18

24 Le terme novus ordo saeculorum est le code idéologique et programmatique du gouvernement mondial unique. La franc-maçonnerie formule comme but essentiel et ultime l'instauration d'un novus ordo saeculorum, un nouvel ordre social et politique à l'échelle mondiale, afin d'imposer aux hommes, de manière dictatoriale, l'indifférence religieuse et le syncrétisme (mélange de différentes religions), la perversion morale et une politique radicalement antichrétienne et surtout anticatholique. Un tel ordre social nouveau vise en définitive la vénération et l'adoration de l'homme, la forme la plus radicale de l'athéisme. (Christus vinCit, p. 285)

La plupart des hommes de l'Occident jadis chrétien sont devenus aveugles à la vraie foi au cours des dernières décennies de prospérité, et se sont fabriqué leurs propres dieux : l'avoir, l'argent, le plaisir, le moi égoïste25 et l'interminable série des vices et des péchés qui y sont liés.26 Après sa conversion, la célèbre dentiste Gloria Polo déclara : Lorsque nous péchons, nous faisons nos courses au supermarché du diable, et nous devons payer cette marchandise très cher.

25 Saint Thomas d'Aquin explique dans sa Summa theologiae, I-II, q. 77, a. 4 : L'amour désordonné de soi est l'origine de tout péché. Et pour sainte Catherine de Sienne, l'amour de soi est la source de tout mal et la ruine de tout bien. La lutte contre ce vice fondamental traverse toute son œuvre. L'amour de soi règne là où l'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont pas pratiqués et où le moi est au centre (égoïsme, égocentrisme).

26 Gabriele Kuby décrit les évolutions déviantes de notre temps : Elles se dirigent contre la nature de l'homme et contre la famille. Les enfants sont empêchés de naître ; les enfants sont tués avant la naissance s'ils ne sont pas voulus ; les enfants sont produits en laboratoire lorsqu'ils sont voulus ; les enfants sont privés de leur filiation ; les enfants sont congelés comme embryons et consommés par la recherche ; les enfants sont portés dans un utérus loué ; les enfants sont achetés par des couples homosexuels et élevés par eux ; les enfants sont livrés dès le berceau à une garde collective par des tiers ; les enfants sont sexualisés dès la maternelle ; les enfants sont livrés à la pornographie ; les enfants deviennent les victimes des divorces ; les enfants sont privés de leur liberté. Une société si affaiblie n'a pas d'avenir – à moins qu'elle ne retourne à Dieu. (Kirche heute n° 11, 2020, p. 10–12)

Mais les conséquences du péché (la souffrance) frappent aussi les innocents qui, comme Job, les enfants innocents de Bethléem et beaucoup d'autres, sont associés d'une manière particulière, avec l'Agneau innocent de Dieu, à l'œuvre de la rédemption.

Si nous nous demandons maintenant ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes et, à la place de toute l'humanité, en cette époque extrêmement difficile, la sainte Écriture nous conseille ce qui réjouit le plus Dieu :

Conversion, prière, pénitence ! La pénitence consiste à accepter toutes les petites croix quotidiennes et à accomplir aussi le travail dans l'esprit de la pénitence. Paroles de la Mère de Dieu à Montichiari, 1947
Si Mon peuple, sur qui est prononcé Mon nom, s'incline et prie, s'il recherche Ma face et revient de sa conduite mauvaise, Moi, J'écouterai depuis les cieux, Je pardonnerai son péché et Je guérirai son pays. 2 Ch 7,14

Se pose aussi la question suivante : qu'advient-il des croyants qui ne se soumettent pas aux législations antichrétiennes et dictatoriales et qui sont, pour cette raison, sanctionnés dans la vie sociale ?

La Bible donne la réponse : Lève-toi, mesure le sanctuaire de Dieu, l'autel et ceux qui s'y prosternent. Mais la cour au-dehors du sanctuaire, tiens-la en dehors, ne la mesure pas, car elle a été donnée aux nations : elles fouleront aux pieds la Ville sainte pendant quarante-deux mois. (Ap 11,1-2)

Que le temple soit mesuré et que ceux qui adorent soient comptés signifie que, dans la persécution de la fin des temps, la communauté chrétienne, le petit troupeau, le reste de la descendance de Marie, se trouveront sous la protection particulière de Dieu. (Cf. Ap 12,17)

Beaucoup de signes indiquent aussi que, dans ce temps, se produiront des prodiges semblables à ceux que les Israélites ont vécus lors de leur sortie d'Égypte.27

Allégresse pour qui s'abrite en Toi, joie éternelle ! Tu les protèges, pour Toi ils exultent, ceux qui aiment Ton nom. Ps 5,12

27 Cf. Der letzte Kampf zwischen Licht und Finsternis.

Lorsque tu es malade et que tu souffres, lorsque tu es tourmenté par des pensées pécheresses et des doutes, prononce alors avec force le nom de Jésus ou pense à Lui. Dans les dangers, dans les frayeurs, à la maison ou sur la route, où que tu te trouves, prononce le nom de Jésus, le nom de notre Rédempteur, non seulement avec la bouche, mais aussi avec le cœur et avec révérence, car ce nom donne la force. Saint Laurent Justinien

Dans l'armée de Notre-Dame

La Femme revêtue du soleil, telle qu'elle est décrite dans l'Apocalypse, s'avance comme archétype et Mère de l'Église, à la tête de l'armée contre les puissances hostiles. Avec un amour maternel, elle protège ses enfants, qui se trouvent encore au milieu de l'épreuve de cette vie terrestre. Mais nous ne devons pas oublier que, dans cette grande bataille où il s'agit du salut de tant d'âmes immortelles, Marie a aussi besoin de notre aide.

En septembre 1961, le postulateur de la cause de béatification de Jacinthe et de François rapporta un message important de Sœur Lucie, qu'il avait visitée au Carmel de Coimbra avec l'autorisation du Saint-Père. Sœur Lucie était très affligée et parla de la profonde tristesse de la Mère de Dieu, parce que si peu de personnes se soucient de son message de 1917. Même les fidèles tiennent trop peu compte de ses instructions, et les méchants continuent à suivre le chemin de la perdition. Mon Père, dites à tous ce que la Mère de Dieu m'a souvent dit : beaucoup de nations disparaîtront de la surface de la terre. La Russie sera le fléau que Dieu choisit pour châtier les hommes, si nous n'obtenons pas, par notre prière et les sacrements, la grâce de la conversion.28 La Mère de Dieu expliqua ensuite à Sœur Lucie que les derniers moyens donnés au monde sont le rosaire29 et la dévotion à son Cœur Immaculé. Dans ces paroles de la Mère de Dieu brille à nouveau pour nous le message central de Fátima : Il ne faut plus offenser Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé. (13 octobre 1917)

Le rosaire produit le refleurissement de la vertu et des œuvres de piété. Par lui, la plénitude des miséricordes divines est accordée aux âmes. Il convertira les cœurs, et ils commenceront à mépriser le terrestre, à aimer le céleste et à faire des progrès rapides. Beaucoup d'âmes seront sauvées par le rosaire. Des promesses de la Mère de Dieu au bienheureux Alain de la Roche
C'est Mon plus ardent désir que la vénération et la dévotion envers le Cœur Immaculé de Marie se répandent, car ce Cœur est l'aimant qui attire les âmes vers Moi, le foyer ardent qui envoie sur toute la terre les rayons de Ma lumière et de Mon amour, et la source inépuisable qui fait couler sur la terre les eaux vives de Ma miséricorde. Paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sœur Lucie

28 Sache, ma fille, que tous les sacrements confiés à la sainte Église, en particulier la sainte Eucharistie, sont de puissantes armes pour déjouer les complots infernaux et frapper de terreur tous les démons. C'est précisément pour cela que Mon Fils très saint les a institués. Mais si aujourd'hui les âmes n'éprouvent plus cette force et cet effet, c'est parce qu'il leur manque le respect et l'estime qui conviennent, avec lesquels elles devraient les traiter et les recevoir. Sois assurée : les âmes qui reçoivent les saints sacrements avec piété et révérence sont redoutables pour les esprits infernaux. Elles possèdent un grand et puissant pouvoir sur Satan. (Leben der Jungfrau und Gottesmutter Maria, vol. 4, p. 351)

29 Lorsque le cardinal Kracziwitz se rendit en 1981, avec quelques prêtres et fidèles, en audience auprès du Pape Jean-Paul II, le Saint-Père sortit son chapelet et dit : « C'est l'exorcisme que même les laïcs peuvent prier. » Les personnes présentes furent surprises ; alors le pape dit : « Pour qu'il n'y ait aucun doute : je confère au rosaire le pouvoir de l'exorcisme ! »

Marie, Reine des saints anges

Marie, Reine des saints anges

À la Reine des saints anges

Auguste Reine des cieux et Souveraine Maîtresse des anges, Toi qui, dès le commencement, as reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Te le demandons humblement : envoie les légions célestes à notre secours, afin que, sous Tes ordres, elles poursuivent les démons, les combattent partout, repoussent leurs attaques audacieuses et les refoulent dans l'abîme. Qui est comme Dieu ? Ô bonne et tendre Mère, Tu seras toujours notre amour et notre espérance ! Ô Mère de Dieu, envoie-nous les saints anges, afin qu'ils nous défendent et tiennent loin de nous le cruel ennemi. Saints Anges et Archanges, défendez-nous et protégez-nous ! Amen.30

30 Le 13 janvier 1864, le fondateur de la congrégation des Servantes de Marie, le P. Cestac (1801–1868), fut soudain saisi, comme par un rayon de clarté divine, dans le sanctuaire de Notre-Dame du Refuge à Anglet (Pyrénées). Il vit les démons répandus dans le monde entier et causant partout des ravages indicibles. En même temps, il eut une vision de la Très Sainte Vierge Marie, qui lui dit que les démons étaient en effet déchaînés dans le monde entier. C'est pourquoi l'heure était venue de l'invoquer comme Reine des anges et de lui demander d'envoyer des légions de saints anges pour combattre les puissances des enfers. « Ma Mère », dit le prêtre, « Vous êtes si bonne, ne pourriez-Vous pas les envoyer sans qu'on Vous le demande ? » – « Non », répondit la Très Sainte Vierge, « la prière est une condition posée par Dieu, même lorsqu'on veut obtenir des grâces. » – « S'il en est ainsi, ma Mère, voudriez-Vous nous apprendre comment il faut prier ? » Il reçut alors de la Très Sainte Vierge la prière « Auguste Reine », et, après l'approbation de l'évêque, la répandit dans le monde entier. Cette prière, accompagnée de grâces extraordinaires, fut recommandée par le Pape Pie IX et enrichie d'une indulgence plénière par Léon XIII et Pie X.

Si tu découvres que cette vie terrestre est davantage une errance sur les flots, dans le vent et la tempête qu'une marche sur la terre ferme : ne détourne pas tes yeux de la lumière de cette étoile, afin de ne pas sombrer dans les tempêtes.

Lorsque les vents de tempête des tentations se déchaînent, lorsque tu es jeté entre les écueils des tribulations, lève les yeux vers l'étoile, invoque Marie ! Lorsque les vagues de l'orgueil, de l'ambition, de la calomnie, de la jalousie te soulèvent, lève les yeux vers l'étoile, invoque Marie !

Lorsque la colère, la cupidité ou la convoitise de la chair ébranlent ton âme, lève les yeux vers Marie !

Lorsque le poids des péchés t'accable et que la honte de la conscience t'humilie, lorsque la rigueur du jugement t'effraie, lorsque tu risques d'être englouti par une tristesse sans fond et le désespoir, pense à Marie !

Si elle te tient, tu ne tomberas pas. Si elle te protège, ne crains rien. Si elle te conduit, tu ne seras pas fatigué. Si elle t'est propice, tu atteindras le but, et tu éprouveras toi-même combien il est juste de dire : « Et le nom de la Vierge était Marie – Étoile de la mer. »

Saint Bernard de Clairvaux
L'Agneau sur le mont Sion

L'Agneau sur le mont Sion

Le Royaume de l'Agneau

Alors j'ai vu : et voici que l'Agneau se tenait debout sur la montagne de Sion, et avec lui les cent quarante-quatre mille qui portent, inscrits sur leur front, le nom de l'Agneau et celui de son Père. Ap 14,1

Le nombre des 144 000 symbolise la totalité de ceux qui seront sauvés et désigne les chrétiens qui suivent l'Agneau partout où Il va, c'est-à-dire qui vivent dans la suite du Christ. Douze est le nombre des tribus d'Israël, et mille le nombre de la plénitude. Sur leur front, Jean vit écrit le nom de Son Père, à l'endroit où les serviteurs de la Bête portaient la marque de la Bête. Le nom de l'Agneau, Jésus, dont le nombre est 888, que l'on voit ici, s'oppose à ceux qui adorent la Bête et portent sur le front le nombre 666. Comme nom du Père, Jean aura vu sur leur front le nom « le Seigneur » (« Celui qui est »). Les noms sur le front sont des symboles de l'engagement des chrétiens envers Dieu et le Christ. Le sceau imprimé est donc l'acte du baptême, accepté dans la foi et qui façonne la pensée (le front). C'est pourquoi il est fait allusion ici au baptême chrétien, conféré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Mt 28,19)

Le baptême du Christ dans le Jourdain

Le baptême du Christ dans le Jourdain

Ceux-là ne se sont pas souillés avec des femmes ; ils sont vierges, en effet. Ceux-là suivent l'Agneau partout où il va ; ils ont été pris d'entre les hommes, achetés comme prémices pour Dieu et pour l'Agneau. Ap 14,4

Le terme « prostituée » désigne dans l'Apocalypse la Rome idolâtre. Le contraire, « vierge », désigne donc le peuple chrétien fidèle, qui sera un jour « uni en mariage » au Christ. « Vierge » a ici un sens spirituel : sont désignés tous les chrétiens, mariés ou non, qui, comme premiers fruits au sens de la qualité, et non du temps, vivent dans une fidélité entière à leur future « union nuptiale avec Dieu », sans commettre, par des regards de côté ou des compromis, de « débauche » avec les dieux païens. (Cf. Dt 5,6) Ils ne lorgnent pas du côté de la fausse Église œcuménique et ne se laissent pas non plus influencer par les courants ésotériques ou par d'autres religions.31

31 Cf. Die Offenbarung des Johannes, du Dr Ludwig Neidhart, Augsburg 2019.

Lorsque la sainte Écriture nous promet : Notre secours est le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre (Ps 124 ; AELF Ps 123,8), nous pouvons avoir la ferme confiance que Dieu nous accordera la grâce de Lui rester fidèles dans ce combat spirituel et de professer courageusement la vraie foi catholique. Plus le nom de Dieu est blasphémé et déshonoré, plus nous voulons glorifier le Très Saint Nom du Seigneur par une vie chrétienne et L'invoquer avec confiance.

Et quand nous voyons ou entendons dire du mal, faire du mal ou blasphémer Dieu, alors nous voulons dire du bien, faire le bien et louer Dieu, qui est béni dans l'éternité. Saint François

La Flèche d'Or

Qu'à jamais soit loué, béni, aimé, adoré et glorifié le très haut, très adorable et ineffable Nom de Dieu, au ciel, sur la terre et sous la terre, par toutes les créatures sorties des mains de Dieu, et par le Sacré-Cœur de Jésus dans le Très Saint Sacrement de l'autel. Amen.32

La vénération du Sacré-Cœur de Jésus

La vénération du Sacré-Cœur de Jésus

Prière indulgenciée au Très Saint Nom de Jésus

Bon Jésus, selon Ta grande miséricorde, aie pitié de moi ! Jésus plein de clémence, par le Précieux Sang que Tu as versé pour les pécheurs, je Te prie : lave-moi de toutes mes iniquités et regarde-moi avec bonté, pauvre homme indigne ! J'invoque Ton Très Saint Nom. Sauve-moi donc, cher Jésus, pour l'amour de Ton Très Saint Nom. Amen.

32 Le divin Sauveur dit un jour à la pieuse sœur Marie de Saint-Pierre : « Le blasphème est une flèche empoisonnée qui blesse Mon Cœur. Je veux te donner une flèche d'or qui répare l'outrage et le blasphème contre le Très Saint Nom de Dieu. » Après avoir reçu cette prière, sœur Marie de Saint-Pierre eut une vision divine, dans laquelle elle vit le Sacré-Cœur de Jésus tendrement blessé par cette Flèche d'Or. Alors des torrents de grâces jaillirent de Lui pour la conversion des pécheurs. Emploi de la prière : on la récite trois fois en l'honneur de la Très Sainte Trinité ; indulgence partielle, 15 avril 1881, tirée de : Handbuch der Erzbruderschaft vom Heiligsten Antlitz Unseres Herrn nebst dem kleinen Offizium vom Heiligsten Namen Gottes, de l'abbé Désiré Janvier, traduit du français, Tours 1887, p. 186.

Crucifixion du Christ

Crucifixion du Christ

La passion du Corps mystique de Jésus

Priez pour l'Église, pour le monde, pour tous. Toute la chrétienté est intégrée dans la prière de Jésus. Si vous ne priez que pour vous-mêmes, cela signifie que vous n'êtes pas désintéressés. Mais si vous priez pour l'Église, vous êtes vous-mêmes l'Église. Dans l'Église se trouve le Christ, uni à elle, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit. La Très Sainte Trinité et l'Église ne font qu'un. Saint Géronda Porphyre

L'Église bâtie sur Pierre est la seule que Jésus ait fondée. Et parce qu'il en est ainsi, elle est critiquée, persécutée et attaquée. Blaise Pascal exprime ce fait dans ses Pensées : Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde ; il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.

L'abandon de la foi jusqu'ici n'est que la pointe de l'iceberg. La grande apostasie viendra lorsque le faux œcuménisme franc-maçon parviendra à détacher les fidèles du Magistère de l'Église catholique. Alors la porte sera grande ouverte à l'apparition de l'homme au chiffre 666, car presque tous suivront le faux Christ et la fausse Église.

Le Corps mystique de Jésus connaîtra le même sort que le Seigneur : persécution, mépris, crucifixion, mort, mais aussi résurrection. L'Église suit le même chemin. Ce sera la grande purification du monde, de l'humanité et de l'Église, mais ce sera aussi en même temps la nouvelle Pentecôte.33

Dans son nouveau livre Christus vincit, l'évêque auxiliaire Athanasius Schneider écrit :

Le Christ à Gethsémani, fortifié par un ange

Le Christ à Gethsémani, fortifié par un ange

À partir des circonstances de la Passion du Christ, nous pouvons comprendre le sens spirituel, voire mystique, des souffrances de l'Épouse du Christ, l'Église. La crise actuelle au sein de l'Église est la forme la plus profonde de la souffrance, parce que l'Église n'est pas aujourd'hui persécutée, flagellée, dépouillée de ses vêtements et couverte de moqueries par ses ennemis, mais, dans une large mesure, par ses pasteurs, par beaucoup de ceux qui sont les successeurs des apôtres.34 […]

Lorsque le Christ souffrit à Gethsémani, Il fut fortifié par un ange. C'est un mystère profond : Dieu, dans Sa nature humaine, voulut être consolé et fortifié par une créature. Dans cette immense crise spirituelle que nous vivons au sein de l'Église, le Christ est consolé et fortifié par des âmes qui restent fidèles à la foi catholique non altérée, par des âmes qui n'abandonnent pas le Christ souffrant, la Mère Église souffrante, qui ne prennent pas la fuite.

La consolation et la force que le Christ reçut de l'ange à Gethsémani contenaient déjà tous les actes d'expiation et de satisfaction de toutes les âmes fidèles dans toute l'histoire de l'Église. Tant d'âmes souffrent actuellement, surtout au cours des cinquante dernières années, à cause de l'effroyable crise de l'Église.

34 Nos murs d'église ruissellent du mystère de la trahison … Nous vivons le mystère de la méchanceté, de la trahison – le mystère de Judas … Partout, le mal d'un activisme avide d'efficacité s'est glissé … Nous essayons d'imiter l'organisation de grandes entreprises, et nous oublions que seule la prière est le sang qui coule dans les veines de l'Église … Celui qui ne prie plus a déjà commis une trahison. Il est déjà prêt à tous les compromis avec le monde : en chemin sur les traces de Judas. (Cardinal Robert Sarah, Herr, bleibe bei uns, Kißlegg 2019)

Les souffrances les plus précieuses sont les souffrances cachées des petits, de ceux que l'establishment ecclésiastique libéral, mondain et incroyant a repoussés aux marges de l'Église. Leurs souffrances sont précieuses, car elles consolent et fortifient le Christ, qui souffre mystiquement dans la crise actuelle de l'Église. […]

Enfants, jeunes, familles, membres des ordres, prêtres, évêques et cardinaux : s'ils restent fidèles au Christ, s'ils conservent la foi catholique non altérée, s'ils mènent une vie de chasteté et d'humilité, alors ils sont les purs et les petits dans l'Église. Les paroles suivantes de saint Paul, qui concernent l'âme de chacun, se rapportent exactement à l'Église et surtout à l'Église de notre temps : Si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. (Rm 8,17)35

Que votre désir ardent soit celui-ci : que le monde soit sanctifié et que tous les hommes appartiennent au Christ. Alors vous entrerez dans l'Église, vous vivrez dans la joie du paradis, en Dieu, car la plénitude de la divinité habite dans l'Église. Saint Géronda Porphyre

35 Christus vincit, p. 440–443.

Ange gardien avec des enfants

Ange gardien avec des enfants

À l'école des saints anges

Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que Je t'ai préparé. Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas : il ne te pardonnerait pas ta révolte, car Mon nom est en lui.36 Ex 23,20-22

36 Mon ange gardien personnel n'a été donné qu'à moi, et c'est un être spirituel très puissant, qui est toujours en présence de Dieu et qui, pendant l'épreuve des anges, est resté fidèle à Dieu, alors que certains de ses frères s'étaient détournés de Dieu avec Lucifer. Mon ange gardien, comme tout ange gardien, a reconnu le Christ dans l'esprit d'humilité et de service. C'est pourquoi chaque ange désire ardemment devenir un jour l'ange gardien humble et serviable d'un être humain. Chaque ange rêve de s'incliner. Sa « carrière rêvée » consiste à être petit, à descendre et non à monter, comme les hommes le désirent dans leurs rêves de carrière. (Christus vincit, p. 416, 417)

Les trois petits bergers de Fátima : Lucie, François et Jacinthe

Les trois petits bergers de Fátima : Lucie, François et Jacinthe

Que faites-vous ?

Avant que Marie n'apparaisse à Fátima en 1917, les trois petits voyants, Lucie, François et Jacinthe, furent préparés à cette grande grâce en 1916 par trois visites d'un ange du Seigneur. Lors de sa deuxième apparition, l'ange adressa aux enfants, qui étaient plongés dans leur jeu, ces paroles marquantes :

« Que faites-vous ? » Ce « Que faites-vous ? » dans la bouche de l'ange est extraordinairement profond et contient pour chacun de nous un message puissant et une question décisive :

Que faisons-nous de notre talent de vie ? Gaspillons-nous ce don dans le bac à sable de l'éphémère, ou jouons-nous devant Dieu le vrai chant de l'amour, comme Marie, la Mère de Dieu, dont il est écrit :

Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment … Pr 8,30

C'est une parole qui se déploie comme un arc-en-ciel au-dessus du ciel de nos concepts, et seul un esprit capable de voler haut et loin pourra la comprendre clairement. Au sens figuré, nous pouvons comprendre par « jouer » le plaisir de Dieu, le ravissement de Dieu envers Marie, déjà par son être devant Dieu. Elle est comme un cristal aux mille feux, qui offre à chaque facette une autre perspective et fait éclater anges et hommes en jubilation et en adoration de Dieu.

Et si nous voulons ramener de force cette parole sur la terre et la comprendre correctement, nous pouvons dire que ce qui fut pour Marie, la sans-péché, un « jeu », nous coûte pourtant bien de la peine, et devrait pour nous se traduire ainsi : « C'est notre joie, jour après jour, d'être devant Dieu dans l'adoration et dans un zèle infatigable pour tout ce qui est bon, voulu par Dieu et conduisant à Dieu ! » Si nous voulons ainsi toujours penser à Dieu, Le réjouir toujours par une petite preuve d'amour – sous la forme d'un sacrifice porté avec joie, sous la forme d'un don nouveau, et revenir toujours à Lui comme la balle dans la main de l'enfant, alors notre vie aussi est un être aimant devant Dieu, le jeu d'un enfant qui tient la main de sa Mère Marie. Que sont donc nos actions sur la petite terre, mesurées à l'éternité ? Ne ressemblent-elles pas à un jeu ?

Mais Dieu prend très au sérieux ce « jeu » qui est le nôtre. Il nous a donné un ange à nos côtés à chaque pas, afin que notre pied ne trébuche pas, et lui, il « joue » devant Dieu, il joue le chant de notre vie, de notre amour pour Dieu ; il chante pour nous le Gloria, le Credo, le Sanctus, l'Agnus Dei et le Domine non sum dignus, il joue sur la harpe notre jubilation. Chaque trait de notre caractère est une corde. Lorsqu'elle résonne pour Dieu, notre ange porte notre acte de volonté, transformé en un son, comme un chant, devant notre Seigneur : notre amour, notre élan, notre obéissance, notre disponibilité, notre oui, notre silence et notre pardon.

Et maintenant, revenons encore une fois à la question de l'ange : « Que faites-vous ? », et à sa mission très concrète confiée à chacun de nous :

Priez, priez beaucoup ! Les Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices.
De tout ce que vous pourrez, faites un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. […] Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.
Je Te rends grâce de tout mon cœur, Seigneur mon Dieu, toujours je rendrai gloire à Ton nom. Ps 86,12 (AELF Ps 85,12)
Chœurs des saints anges

Chœurs des saints anges

Prière de louange des saints anges à la Très Sainte Trinité

Salut à Toi, Souverain éternel, Dieu vivant, Toi qui as été de tout temps, Juge redoutable et juste, Père toujours bon et miséricordieux ! Qu'à Toi soient rendus, à nouveau et en tout temps, adoration, louange, honneur et gloire par Ta Fille revêtue du soleil, notre Mère admirable !

Salut à Toi, Homme-Dieu sacrifié, Agneau sanglant, Roi de la paix, Arbre de vie, Toi notre Chef, Porte du Cœur du Père, éternellement engendré du Vivant, régnant de toute éternité avec Celui qui Est ! Qu'à Toi soient rendus, à nouveau et en tout temps, puissance, gloire, grandeur, adoration, réparation et louange par Celle qui T'a enfanté sans tache, notre Mère admirable !

Salut à Toi, Esprit de l'Éternel, Toi qui répands de tout temps la sainteté, Toi qui œuvres en Dieu depuis l'éternité ! Toi, flot de feu du Père au Fils, Toi, tempête mugissante qui souffles force, lumière et ardeur dans les membres du Corps éternel. Toi, Brasier éternel d'amour, Esprit de Dieu qui donnes forme dans les vivants, Toi, rouge fleuve de feu de l'Éternellement Vivant vers les mortels ! Qu'à Toi soient rendus, à nouveau et en tout temps, puissance, gloire et beauté par Ton Épouse couronnée d'étoiles, notre Mère admirable !37

37 Cette merveilleuse prière de louange fut récitée par une multitude innombrable de saints anges lors de la dernière apparition de la Mère de Dieu à Marienfried, le 25.6.1946. Imprimatur : Augsbourg, 27.10.1966. « C'est un écho de ce chant apocalyptique que la grande foule que nul ne peut dénombrer, avec les anges et les Anciens, prosternée devant le trône, adresse à Dieu. » (Extrait d'un sermon de fête de Mgr Rudolf Graber à Marienfried)

L'ange gardien conduit un enfant (tableau de Pietro da Cortona)

L'ange gardien conduit un enfant (tableau de Pietro da Cortona)

Consécration à l'ange gardien

Saint Ange Gardien, toi qui contemples toujours la face de notre Père qui est aux cieux, Dieu m'a confié à toi dès le commencement de ma vie. Je te remercie de tout cœur pour ta tendre sollicitude. Je me remets à toi et te promets mon amour et ma fidélité. Je te prie, protège-moi contre ma propre faiblesse et contre les assauts des esprits mauvais. Éclaire mon esprit et mon cœur, afin que je reconnaisse et accomplisse toujours la volonté de Dieu ; et conduis-moi à l'union avec Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.38

38 La tâche principale des saints anges est la louange de Dieu. Mais ils sont aussi chargés par Lui de mener le formidable combat contre Satan et tous les esprits mauvais, sous le commandement de la très sainte Vierge. Leur position est donc essentielle dans les plans victorieux de la Femme revêtue du soleil face au dragon rouge : Ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. (Ap 17,6) Et comme ils sont toujours à nos côtés dans le combat, pour nous donner force et courage, bander nos blessures et nous défendre contre le Mauvais, il est important de toujours rester dans leur accompagnement.

Viens, Seigneur Jésus – Maranatha ! Ap 22,20

Que le Très Saint Nom de Jésus soit dans mon cœur, qu'Il soit sur mes lèvres, qu'Il soit sur ma langue.

Que le Très Saint Nom de Jésus éclaire mon intelligence, purifie mon imagination, fortifie ma volonté !

Que le Très Saint Nom de Jésus soit en moi, qu'Il soit au-dessus de moi, qu'Il soit devant moi, qu'Il soit à côté de moi, qu'Il soit dans toutes mes pensées, paroles et œuvres.

Que le Très Saint Nom de Jésus soit ma protection contre tous les assauts mauvais et toutes les tentations.

Que le Très Saint Nom de Jésus me préserve de toute pensée accablante, de tout découragement et de toute pusillanimité.

Que le Très Saint Nom de Jésus soit ma confiance inébranlable, ma force et mon soutien, mon espérance et ma certitude dans la vie et dans la mort ! Amen.

Ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. La nuit aura disparu, ils n'auront plus besoin de la lumière d'une lampe ni de la lumière du soleil.
Car le Seigneur Dieu les illuminera, et ils régneront pour les siècles des siècles. Ap 22,4-5